La Trans Galerie

« Petite, je transgressais. Au kiosque de la gare, d’où partaient les transports de troufions, j’achetais les petits formats, ces BD de poche au goût sulfureux. Zembla, Pif et compagnie. Je rentrais chez moi, transie par l’appréhension, mais déjà en transe dans l’attente du plaisir de la lecture. Une lecture rapide, fébrile, transitoire. Ce désir transgressif ne m’a pas quitté, mais c’est sous d’autres formes qu’il me transfigure. Transmuons ces formes, transfusons la charge de l’une dans l’autre puisque l’une et l’autre ont fait la même vie. Puis transmettons tout ça. »

Ce témoignage d’une artiste plasticienne, dont, de prime abord, le travail n’évoque en rien la bande dessinée, nous a conduits à élaborer au sein même du SoBD, le salon de la bande dessinée au cœur de Paris, un espace transgenre. Nous y accueillerons les transfuges, ces artistes contemporains, travaillant la surface comme le volume, le fixe comme le mouvement, le temps d’une brève incursion sur un autre territoire.

Aux amoureux de la bande dessinée, nous offrirons le spectacle certainement déroutant de transmigrations évanescentes, c’est-à-dire dire d’œuvres transperçant les murs bâtis autour des disciplines.

Renaud Chavanne, fondateur du SoBD
Corine Borgnet, artiste plasticienne

Edition 2016 : So Women !

Ils disent depuis si longtemps qu’ils sont plus nombreux, ou plus grands, ou plus puissants, ou plus importants. Ils le disent fort et haut et toujours pour se convaincre et les convaincre aussi, elles. Nous pensons que c’est une erreur. Nous voulons témoigner qu’elles ne le sont pas moins. Qu’ils ne le sont pas plus. Aussi, pour cette édition 2016 de La Trans Galerie, nous les avons invités, elles. Notre optique sera transgenre, d’eux à elles…

5 Artistes invitées

L’œuvre d’Aurélie Dubois est protéiforme. Son travail revêt en toile de fond l’idée d’une garde, une garde artistique. Se défendant de tout classicisme et consciente des troubles actuels, Aurélie Dubois questionne les totems et autres tabous présents au cœur de nos sociétés. Dans un contexte où certains mots ne sont plus à dire, dans un monde où l’on veut nous imposer certaines censures, il semble important de pouvoir affronter nos réalités au delà des divergences et des extrémismes, en restant en alerte, sur le qui-vive. Ainsi sont abordées dans son travail ces questions, d’une résonance si contemporaine, que sont celles de la folie, des sexes et de ces réprouvés que la société ostracise.

En sculpture ou en dessin, fixe ou en mouvement,  chacune des œuvres de Camille Goujon raconte une histoire. La diversité des médiums utilisés a comme point commun son sens de l’humour avec lequel elle offre son point de vue acéré sur le monde. « Mon processus créatif naît d’une enquête sur un territoire pour comprendre ses enjeux symboliques et politiques et déterminer l’interaction entre l’homme et son environnement. Je me nourris du résultat de ces recherches pour donner naissance à des œuvres (dessins, sculptures, vidéos, installations) inspirées du système de production industriel. »

Artiste plasticienne, Corine Borgnet vit et travaille à Paris. Depuis 2002, elle développe un travail protéiforme, tant techniquement que symboliquement, privilégiant trois thèmes principaux qui s’entremêlent et s’entrechoquent : l’enfance (The Young), le monde du travail (Office Art) et l’absurde (Cabinet de curiosité). Ils fusionnent dans la série récente Duels. Son adage, une formule d’Alphonse Allais : « Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant ». Ses œuvres sont présentées dans des expositions personnelles et collectives, en France comme à l’étranger.

Née en 1966 dans une famille de 5 enfants, Jessy Deshais plonge rapidement dans le dessin pour oublier la noirceur d’une enfance difficile. Jeune adulte, elle s’installe à Paris, accueillie par une famille laotienne et engage des études d’art plastique. Les premières années qui suivront seront consacrées à plusieurs postes de directrice artistique, salariée puis à son compte, qui lui permettront de multiplier les voyages. De retour de New York, en 1997, elle reprend une voie artistique personnelle (scultpures, installations, films…), menée parallèlement à celle de la commande (illustration, graphisme, scénographie…), se nourrissant de l’une comme de l’autre.

Myriam Mechita est née en 1974 à Strasbourg. Elle vit et travaille a Berlin, et elle enseigne à l’Ecole des Beaux-Arts de Caen. Elle manipule les matériaux comme les perles de verre, les paillettes, les miroirs, la mousse polyuréthane, la faïence, la résine et réalise des dessins au crayon mais aussi à la perceuse, des sculptures qu’elle combine dans des installations qui évoquent chaque fois des ensemble où des animaux, des cités, des paysages rendant compte d’une ambiance animale et mystérieuse.

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